
Depuis 2008, le Père B. de Nice est seul habilité à procéder gratuitement au rituel. En un an, le nombre d’appels a décuplé
Eglise Saint-Jean-Baptiste à Nice. L’antre discret de l’exorciste diocésain. Le seul du département. Le Père B., qui ne veut pas que l’on écrive son nom, afin « de ne pas être harcelé », est l’unique spécialiste des phénomènes démoniaques autorisé à pratiquer le sacerdoce, gratuitement. Chaque semaine, de plus en plus de chrétiens viennent frapper à sa porte.
« J’ai pris les rênes du ministère de l’exorcisme en 2008. A l’époque, on n’avait même pas cinquante appels dans l’année. Maintenant, on en a plus de 500. On est débordé » soupire le chanoine âgé de 77 ans*, pourtant aidé dans sa tâche par une vingtaine de laïcs et de prêtres. Avant de rencontrer l’exorciste, les croyants doivent suivre un chemin bien précis.
Après avoir contacté le standard du ministère de l’Exorcisme, ils sont orientés vers la paroisse la plus proche de leur domicile. « Dans la majorité des cas, les gens sont juste stressés, ou atteints de troubles mentaux. Beaucoup d’entre eux vivent une sorte d’oppression psychique ou physique venant de leur mal de vivre. C’est notre mode de vie qui veut ça », glisse le Père B., un brin dépité.
Une cinquantaine de personnes atterrissent finalement dans le bureau de l’exorciste en question. « Avant de faire le moindre geste religieux, je décris les phénomènes à des experts, des psychiatres. Je fais une prière et je les aide à tenir le coup. »
« Sors de ce corps, démon ! »
Si la personne est vraiment victime d’une possession diabolique (force supérieure à ses capacités, langue inconnue et aversion virulente envers tous les signes religieux), le prêtre pratique alors le grand exorcisme, à huis clos. Un rituel plus simplifié que celui qu’on peut voir dans les films d’épouvante, puisque les prières de dédain et d’injures au démon ont disparu. Lire la suite…